Monument du général Jean Margueritte (1823-1870)
souscription nationale de 1883 - érigé en 1884
Fresnes-en-Woëvre (Meuse)
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Fresnes-en-Woëvre (Meuse)
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Jean Margueritte, né à Manheulles
(Meuse, 3 km à l’ouest de Fresnes)
mortellement blessé en 1870 à la bataille de Sedan
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Lucien Leblanc,
architecte ; Albert Lefeuvre, sculpteur à Paris
groupe fondu à la
fonderie de Tusey de Vaucouleurs
les deux soldats du
groupe ont été décapités par les Allemands
pendant la guerre
1914-1918
les têtes ont été remplacées en 1931 par le sculpteur Gaston
Broquet
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La charge des cavaliers de Margueritte à Floing
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La charge des cavaliers de Margueritte à Floing
Toute la division Margueritte, trois régiments de chasseurs d'Afrique, un de chasseurs de France et un de hussards, venait d'être réunie dans un pli de terrain, un peu au-dessous du calvaire, à gauche de la route. Les trompettes avaient sonné "Pied à terre !" Et le commandement des officiers retentit :
"Sanglez les chevaux, assurez les paquetages !"
Quand on va charger, chacun peut se dire : "Cette fois, j'y reste !" Cela dura bien cinq ou six minutes, on racontait que le général Margueritte était allé en avant, pour reconnaître le terrain. On attendait. Les cinq régiments s'étaient formés en trois colonnes, chaque colonne avait sept escadrons de profondeur, de quoi donner à manger aux canons.
Tout d'un coup, les trompettes sonnèrent : A cheval ! Et, presque aussitôt, une autre sonnerie éclata : Sabre à la main !
Tout d'un coup, les trompettes sonnèrent : A cheval ! Et, presque aussitôt, une autre sonnerie éclata : Sabre à la main !
Le colonel de chaque régiment avait déjà galopé, prenant sa place de bataille, à vingt-cinq mètres en avant du front. Les capitaines étaient à leur poste, en tête de leurs hommes. Et l'attente recommença, dans un silence de mort. Plus un bruit, plus un souffle sous l'ardent soleil. Les cœurs seuls battaient. Un ordre encore, le dernier, et cette masse immobile allait s'ébranler, se ruer d'un train de tempête.
Mais, à ce moment, sur la crête du coteau, un officier parut, à cheval, blessé, et que deux hommes soutenaient. On ne le reconnut pas d'abord. Puis, il grondement s'éleva, roula en une clameur furieuse. C'était le général Margueritte, dont une balle venait de traverser les joues, et qui devait en mourir.
Émile Zola, La Débâcle, Folio Gallimard, 2011, deuxième partie, chapitre V, p. 302-303.
Pour le général Margueritte à Floing, voir La Guerre de 70 de François Roth, collection Pluriel Hachette, 1993, p. 122.
Pour le général Margueritte à Floing, voir La Guerre de 70 de François Roth, collection Pluriel Hachette, 1993, p. 122.
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