Photographies prises à Amblie, Bazenville, Meuvaines, Périers, Rots, Rucqueville, Ryes, Ver-sur-mer.
Dans ma jeunesse, au mois de juillet, mes parents et moi allions à Caen passer quinze jours de vacances chez ma grand-tante Jeanne. Ma bonne tante Nananne aux cheveux blancs tenait un petit atelier de couture rue Saint-Sauveur.
Nous partions de Nancy en voiture, de bonne heure le matin, et, après avoir traversé Paris facilement, nous arrivions à Caen vers quatre heures de l'après-midi. C'était dans les années 1950.
A Caen, je pouvais disposer d'un vélo. En vélo, je suis allé à Lion-sur-mer pour me baigner, juste en face du Grand Hôtel. Au port d' Ouistreham (le Port des brumes de Simenon), j'aimais voir passer l'écluse aux cargos de la S.N.C. (la Société Navale Caennaise). Pendant un temps, j'ai voulu devenir capitaine au long cours...
En vélo, je suis allé à Deauville, à Arromanches, à Bayeux pour voir la tapisserie de la reine Mathilde. J'ai roulé sur le célèbre Pegasus bridge et le long du canal de Caen à la mer.
A la fin de mon adolescence, je pouvais rester une semaine de plus chez ma grand-tante, tandis que mes parents rentraient à Nancy. J'étais assez grand pour revenir à Nancy par le train.
En 1952, il y avait encore en face de Lion-sur-mer l'épave du cuirassé Courbet, et près d'Hermanville, au bord d'une haie, un char Tigre rouillé de l'armée allemande : des restes de la Bataille de Normandie qui avait eu lieu huit ans plus tôt.
Et dans les années 58-60, je me souviens d'avoir acheté dans une librairie de Caen le premier tome du Don paisible de Cholokhov que j'ai dévoré le soir même. J'ai parcouru en vélo la plaine de Caen et le Bessin pour visiter une trentaine d'églises romanes ou d'églises ayant des restes romans. Quelles magnifiques tours romanes ! J'ai photographié avec mon Kodak Retinette des clochers, des tympans, des chapiteaux, des archivoltes de portail, des statues... A cette époque, toutes les églises étaient ouvertes.
Si je passais par La Délivrande, je ne manquais pas d'acheter des sablés pour ma douce tante Jeanne aux cheveux blancs.
Je n'irai pas revoir ma Normandie. L'obstacle de l'agglomération parisienne m'est devenu insurmontable et insupportable.
Dommage, la chanson était belle, le pays était beau. Mais je n'irai pas revoir ma Normandie.

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