vendredi 10 avril 2026

un vers de Baudelaire cité dans "Le Baiser au lépreux" de François Mauriac

"Jean Péloueyre ne dormit guère cette nuit-là. Ses fenêtres étaient ouvertes sur la laiteuse nuit - la nuit plus bruyante que le jour à cause des coassantes mares. Mais les coqs surtout ne cessent de chanter jusqu'à l'aube, fatigués d'avoir salué l'obscure et trompeuse clarté des étoiles. Ceux du bourg avertissent ceux des métairies qui, de proche en proche, répondent : « C'est un cri répété par mille sentinelles... » Jean veillait, se berçant de ce vers indéfiniment marmonné."
Dans Le Baiser au lépreux de François Mauriac.

C'est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C'est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, dixième strophe des Phares.

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