Ecoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
le roi sera séduit par ta beauté...
[texte du roman]
Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant Lui !
Alors les peuples les plus riches
chargés de joyaux sertis d'or quêterons ton sourire...
[texte du roman]
Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d'étoffes d'or ;
on la conduit, toute parée, vers le roi...
[texte du roman]
Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
parmi joie et liesse elles entrent au palais du roi.
A la place de tes pères te viendront des fils ;
tu en feras des princes par toute la terre...
[texte du roman]
Que je fasse durer ton nom d'âge en âge,
Que les peuples te louent dans les siècles des siècles.
Tandis que Blaise-le-Laid déroulait la mélodie du psaume, Ephraïm reprenait le chant avec ses mots de pauvre.
« Regarde, Reine, regarde et réjouis-toi,
oublie la terre et tes tourments,
le Roi sera séduit par ta bonté et ta douceur/
« Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant Lui !
Il est notre Seigneur, je te conduis vers Lui.
Alors les peuples les plus pauvres chargés de leurs souffrances
quêteront ton sourire. Et les morts de malemort,
comme Marceau, mendierons ton soutien.
« Fille née de l'espérance et des prières, tu es là,
toute simple, vêtue d'un drap,
couchée dans un coffre de hêtre. On t'achemine,
toute parée de notre amour, vers le Seigneur.
« De jeunes hommes, tes fils, te font cortège,
parmi chagrin et espérance, parmi douleur et gratitude.
A la place de tes fils, et de moi, des anges s'approcheront de toi.
Tu veilleras sur tes fils à travers toute la terre...
Et tu m'appelleras, dis, et tu m'appelleras ?... »
Sylvie Germain, Jours de colère, Folio Gallimard, 2024, p. 265-267 et 270.
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