"La société de MM. de Brissac, de Vitri, de Matha, de Fontrailles, qui étaient demeurés en union avec nous, n'était pas, dans ces temps-là, un bénéfice sans charge. Ils étaient cruellement débauchés, et la licence publique leur donnant encore plus de liberté, ils s'emportaient tous les jours dans des excès qui allaient jusques au scandale. Ils revenaient un jour d'un dîner qu'ils avaient fait chez Coulon [conseiller au Parlement de Paris] ; ils virent venir un convoi, et ils le chargèrent l'épée à la main, en criant au crucifix : « Voilà l'ennemi ! » Une autre fois, ils maltraitèrent en pleine rue, un valet de pied du Roi, en marquant même fort peu de respect pour les livrées. Les chansons de table n'épargnaient pas toujours le bon Dieu : je ne vous puis exprimer la peine que toutes ces folies me donnèrent. Le Premier Président les savait très bien relever ; le peuple ne les trouvait nullement bonnes ; les ecclésiastiques s'en scandalisaient au dernier point. Je ne les pouvais couvrir, je ne les osais excuser, et elles retombaient nécessairement sur la Fronde."
- Mémoires du Cardinal de Retz, Bibliothèque de la Pléiade, 1956, p. 286.
- Suzanne Julliard, Anthologie de la prose française, Paris, Éditions de Fallois, 2015, p. 394.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire