L'abbé Claude Stévenet
(photo JLJ)
(photo JLJ)
Ecce Homo ou Christ assis aux liens
en dessous, la date de 1543 et la devise tronquée de l'abbé Stévenet : (JUVAT) AMARE DEUM
(photos JLJ)
en dessous, la date de 1543 et la devise tronquée de l'abbé Stévenet : (JUVAT) AMARE DEUM
(photos JLJ)
Saint Georges
(photo JLJ)
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Verrière de la chapelle Saint-Nicolas, fenêtre est (autrefois fenêtre sud)
recomposée et replacée par Jean-Jacques Gruber en 1954
Église abbatiale Notre-Dame d'Autrey, Vosges
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Le vitrail de la fenêtre sud de la chapelle Saint-Nicolas nous est parvenu presque en entier. C'est une très belle de peinture sur verre, dont la valeur artistique se double d'un intérêt historique. Il comportait trois grandes figures qui étaient de gauche à droite, l'abbé Claude Stévenet, l'Ecce Homo et saint Georges vainqueur du dragon.
L'abbé est agenouille de rois quarts à droite, les mains jointes, devant un prie-Dieu, sur lequel est un livre ouvert, et qui est décoré sur sa face latérale d'une crosse d'or parmi des arabesques. Il est nu-tête, la face rasée et les cheveux taillés en calotte circulaire, l'aube dont il est revêtu est ornée d'une bande brodée à l'encolure et sur les épaules ; les manches, très larges, laissent voir le poignet serré et fraisé d'un vêtement de dessous. Sur le panneau du prie-Dieu, sous la volute de la crosse, sont peintes les armes du prélat (d'or à la bande d'azur chargée de trois marmites d'argent, avec la crosse en pal derrière l'écu), et, en avant est couché un lion ailé d'or, la gueule menaçante.
Derrière l'abbé se tient debout, de face, son patron saint Claude, évêque de Besançon ; il porte une haute mitre blanche, et sa crosse ornée d'un nœud figurant un petit édifice à pignons ornés de crochets. Il pose sa main gauche sur l'épaule de l'abbé. La chape de brocard rouge dont il est revêtu laisse entrevoir l'encolure brodée d'une aube ; le mors qui l'agrafe par devant est en forme de quatrefeuilles avec pierre bleue circulaire au centre. Le large orfroi qui borde ce vêtement est décoré de niches superposées de formes variées abritant de petits personnages. Le fond de ce panneau est constitué par un village avec son église devant un horizon de montagnes claires.
Au sommet de ce compartiment se trouvaient répétées les armes de l'abbé, et la partie inférieure en était occupée par des ornements et par un singe tenant un chandelier.
Dans la partie centrale du vitrail se trouvait l'Ecce Homo. Le Christ, couronné d'épines, les poignets liés par une corde, incline douloureusement la tête ; il est assis, et un linge blanc lui enveloppe les hanches et descend jusqu'à terre. Deux angelots lui posent sur les épaules un manteau grenat. Au-dessus de lui, le procurateur de Judée, Ponce-Pilate, coiffé d'une tiare cylindrique cannelée à turban, garnie de pierreries, la main gauche ouverte et tendue, tient de l'autre une baguette appuyée contre son épaule ; il est vêtu d'un manteau rouge à large col de fourrure, sur lequel s'étale une triple chaîne d'or soutenant un bijou en forme de rose. Ce panneau portait au sommet la date de 1543, et la partie inférieure les armes de l'abbé tenues par deux angelots, avec sa devise : celles-ci ont été conservées mais, faute de place, ont été remontées dans un compartiment voisin.
Le vitrail représentant saint Georges a été en partie refait à l'époque moderne ; un écu : d'or au chevron d'azur accompagné de trois croix de sable au pied fiché, qui se trouvait à sa partie supérieure, a été conservé ; nous ne l'avons pas identifié.
André Philippe, "Les verrières de l'église abbatiale d'Autrey", dans Le Pays Lorrain, 1935, p. 226-228
- Michel Hérold, "L'art du vitrail en Lorraine. Son apogée à la fin du Moyen Âge et au temps de la Renaissance", dans Le Pays Lorrain, 1983, n° 1, p. 26-27.
- Georges Poull, "Le destin des vitraux de l'abbaye d'Autrey", dans Le Pays Lorrain, décembre 2019, n° 4, p. 309-320.
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