samedi 4 mai 2019

Huysmans, Chartres et nos grandes cathédrales



Trois personnages de l'Ancien Testament
du portail Royal de la cathédrale de Chartres


Saint Jean-Baptiste et Saint Pierre
du portail Nord de la cathédrale Notre-Dame de Chartres
Willibald Sauerländer, La Sculpture gothique en France 1140-1270, 1972, pl. 9, 10 et 86
-
"Elle est enfin, cette basilique [Chartres], la plus magnifique expression de l'art que le Moyen Âge nous ait léguée. Sa façade n'a ni l'effrayante majesté de la façade ajourée de Reims, ni la lenteur, ni la tristesse de Notre-Dame de Paris, ni la grâce géante d'Amiens, ni la massive solennité de Bourges ; mais elle révèle une imposante simplicité, une sveltesse, un élan, qu'aucune autre cathédrale ne peut atteindre.
Seule, la nef d'Amiens se lamine, s'écharne, s'effile, se filise, fuse aussi ardemment que la sienne, du sol ; mais le vaisseau d'Amiens est clair et morne, et celui de Chartres est mystérieux et intime et il est, de tous, celui qui évoque le mieux l'idée d'un corps délicat de Sainte, émaciée par les prières, rendue par les jeûnes presque lucide. Puis ses verrières sont sans pareilles, supérieures même à celles de Bourges dont le sanctuaire est cependant fleuri de somptueux bouquets de Déicoles ! - Enfin, sa sculpture du porche Royal est la plus belle, la plus extraterrestre qui ait jamais été façonnée par la main de l'homme."
Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Gallimard, Folio Classique, 2017, p. 494.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire