dimanche 29 juillet 2018

la chapelle Sainte-Épéotte à Soulosse-sous-Saint-Élophe



Chapelle Sainte-Épéotte au bord du Vair


à l'intérieur de cette chapelle, sur le mur de droite, relief du martyre de saint Élophe
1 6 1 4
Soulosse-sous-Saint-Élophe
-
"Cette chapelle, dont les dimensions sont assez exiguës, ne mérite pas une description ; mais l'autel, qui offre le millésime 1614, supporte une grande tablette de grès, sur laquelle on a sculpté les sujets suivants  : l'empereur Julien-l'Apostat, la tête ceinte d'une couronne à pointes, ayant dans la main droite une épée fort courte, et assis sur une espèce de trône élevé qu'environnent quatre gardes, armés de glaives et de lances ; saint Eliphius agenouillé près du bourreau, qui lui tranche la tête ; le saint portant sa tête de la main droite, un bâton de la gauche, et marchant vers la montagne ; la chapelle dont je viens de parler ; l'église de Saint-Élophe, et enfin une sainte tenant une palme. 
Bien que saint Eliphius ait eu des sœurs martyrisées comme lui, et que par conséquent on puisse voir dans le dernier sujet la représentation d'une de ces femmes, je crois que l'on a voulu figurer ici une prétendue sainte, que plusieurs pèlerins vénéraient dans la chapelle du martyre, et qu'ils appelaient sainte Epéotte, sainte Epée, sainte Espalosse, sainte Espalotte et sainte Espagnotte. Quelques-uns voulaient y reconnaître une sœur, et d'autres la servante de saint Eliphius. Mais il est évident  que la plupart des formes de ce nom sont tout simplement des altérations populaires des mots sainte épée ou sancta spatha ; parce que, selon les apparences, on a longtemps gardé dans la chapelle primitive le glaive qui avait servi au martyre de saint Eliphius."
Auguste Digot, "Souvenirs du martyre de saint Eliphius", dans le Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1864, p. 30.

"Le désir de se rapprocher des saints et de mener une pastorale proche des fidèles amène de nombreux écrits, en France et en Lorraine. Ils rendent le saint plus humain, modèle à imiter pour mener une vie vertueuse et accéder au salut. Par exemple, saint Élophe, martyr à Soulosse dans les Vosges, voit son culte relancé. En 1578-1579, les pères Vici et Trigeon publient la Vie de saint Élophe. En 1602, le père Machon, curé de Soulosse, reprend tout ce qui est connu sur le saint pour enrichir sa légende. Il publie la Vie et martyre de saint Élophe à Pont-à-Mousson. Tout le territoire est alors lié au saint quitte à "créer" de toutes pièces, sans aucune sorte de preuve, de nouveaux épisodes à la vita.  Ainsi, il commente une figure emblématique qui apparaît sur un bas-relief de pierre dans une chapelle et en fait "sainte Epéothe"  et décrète qu'elle était la servante d’Élophe. Les populations acceptent parfaitement  ce culte qui "s'ancre" définitivement dans le pays de Neufchâteau."
Marie-Hélène Colin, Les Saints lorrains. Entre religion et identité régionale. Fin XVIe-XIXe siècle, Nancy, Editions Place Stanislas, 2010, p. 75, figure du bas-relief p. 105.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire