mardi 23 juillet 2013

une souscription lancée par le Musée Barrois pour un tableau de Nicolas de Bar


    François Nicolas, dit Nicolas de Bar (vers 1632-1695)
Orphée et Eurydice, 1654
Huile sur toile - 62,5 x 82,5 cm
F. Baulme Fine Arts
Photo : F. Baulme Fine Arts

Souscription - Bar-le-Duc, Musée Barrois - C’est un tableau rare et important que cherche à acheter le Musée Barrois auprès du marchand parisien Franck Baulme, en lançant une souscription publique. Les œuvres connues de François Nicolas, dit Nicolas de Bar, ne sont en effet pas nombreuses. Né vers 1632 sans doute à Bar-le-Duc, raison pour laquelle il ajoutait lui même à sa signature : « de Bar », François Nicolas était à Rome dès 1652 et il ne quitta plus cette ville jusqu’à sa mort en 1695. Il est donc, avec notamment Claude Gellée et Charles Mellin, l’un des nombreux peintres lorrains présents dans la ville éternelle au XVIIe siècle. Il y était d’ailleurs bien établi puisqu’il fut membre de l’Académie de Saint-Luc à partir de 1657 et que l’on connaît plusieurs tableaux peints pour des églises de la ville, dont certains sont encore conservés in situ. C’est ainsi que, sans surprise, on trouve deux toiles dans l’église de sa nation, Saint-Nicolas-des-Lorrains à côté de la piazza Navona, une Sainte Catherine et un Saint Nicolas, des œuvres datables entre 1660 et 1674 pour la première et des années 1676 et 1686 pour la seconde1. D’autres tableaux romains ont été exposés à Nancy en 1982 à l’exposition Claude Gellée et les peintres lorrains en Italie : ceux décorant la chapelle de Saint Jean de la Croix à Santa Maria della Vittoria, et La Naissance de saint Jean Baptiste de l’église San Antonio dei Portoghesi.
Ces derniers, peints dans les années 1680, montrent des caractéristiques très proches de l’œuvre que Bar-le-Duc cherche à acquérir. Les physionomies sont similaires, les compositions présentent le même caractère un peu théâtral.
Représentant Orphée et Eurydice, le futur (on l’espère tout au moins) tableau barrois est signé et daté 1654 ce qui en fait la peinture la plus ancienne connue de son auteur.
Eurydice, dont la pose est inspirée de la très célèbre Ariane du Vatican, vient juste de mourir de la piqûre du serpent et repose, la tête sur les genoux d’une de ses compagnes, lorsque Orphée découvre la scène avec effroi. L’œuvre est peinte d’une manière très raffinée (on admirera notamment la corbeille de fleurs renversée au premier plan) et l’on peut sans doute y discerner à la fois l’influence de Poussin et peut-être, dans le paysage, celle d’artistes italiens du XVIe siècle tel que Dosso Dossi.
Il n’est pas interdit non plus, à la vision d’une telle toile, de s’interroger sur l’impact qu’aurait pu avoir Nicolas de Bar sur un autre français plus jeune, Nicolas Colombel qui n’arriva à Rome qu’en 1670.
La réduction d’impôt (jusqu’à un certain montant) accordée aux souscripteurs est, pour les particuliers, égale à 66% de la somme versée et, pour les entreprises à 60%. Toutes les informations sur la souscription (on peut regretter qu’il ne soit pas possible de payer en ligne) sont disponibles sur ce document. Les bulletins de promesse de don sont à retirer au Musée Barrois ou à la mairie de Bar-le-Duc.

Didier Rykner, La Tribune de l’Art, 17.07.2013



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