François Nicolas, dit Nicolas de Bar (vers
1632-1695)
Orphée et Eurydice,
1654
Huile sur toile -
62,5 x 82,5 cm
F. Baulme Fine Arts
Photo : F. Baulme
Fine Arts
Souscription - Bar-le-Duc, Musée Barrois - C’est un tableau rare et important que cherche à acheter le Musée
Barrois auprès du marchand parisien Franck Baulme, en lançant une souscription
publique. Les œuvres connues de François Nicolas, dit Nicolas de Bar, ne sont
en effet pas nombreuses. Né vers 1632 sans doute à Bar-le-Duc, raison pour
laquelle il ajoutait lui même à sa signature : « de Bar », François Nicolas
était à Rome dès 1652 et il ne quitta plus cette ville jusqu’à sa mort en 1695.
Il est donc, avec notamment Claude Gellée et Charles Mellin, l’un des nombreux
peintres lorrains présents dans la ville éternelle au XVIIe siècle. Il y était
d’ailleurs bien établi puisqu’il fut membre de l’Académie de Saint-Luc à partir
de 1657 et que l’on connaît plusieurs tableaux peints pour des églises de la
ville, dont certains sont encore conservés in situ. C’est ainsi que, sans
surprise, on trouve deux toiles dans l’église de sa nation,
Saint-Nicolas-des-Lorrains à côté de la piazza Navona, une Sainte Catherine et
un Saint Nicolas, des œuvres datables entre 1660 et 1674 pour la première et
des années 1676 et 1686 pour la seconde1. D’autres tableaux romains ont été
exposés à Nancy en 1982 à l’exposition Claude Gellée et les peintres lorrains
en Italie : ceux décorant la chapelle de Saint Jean de la Croix à Santa Maria
della Vittoria, et La Naissance de saint Jean Baptiste de l’église San Antonio
dei Portoghesi.
Ces derniers, peints dans les
années 1680, montrent des caractéristiques très proches de l’œuvre que
Bar-le-Duc cherche à acquérir. Les physionomies sont similaires, les
compositions présentent le même caractère un peu théâtral.
Représentant Orphée et Eurydice,
le futur (on l’espère tout au moins) tableau barrois est signé et daté 1654 ce
qui en fait la peinture la plus ancienne connue de son auteur.
Eurydice, dont la pose est
inspirée de la très célèbre Ariane du Vatican, vient juste de mourir de la
piqûre du serpent et repose, la tête sur les genoux d’une de ses compagnes,
lorsque Orphée découvre la scène avec effroi. L’œuvre est peinte d’une manière
très raffinée (on admirera notamment la corbeille de fleurs renversée au
premier plan) et l’on peut sans doute y discerner à la fois l’influence de
Poussin et peut-être, dans le paysage, celle d’artistes italiens du XVIe siècle
tel que Dosso Dossi.
Il n’est pas interdit non plus, à
la vision d’une telle toile, de s’interroger sur l’impact qu’aurait pu avoir
Nicolas de Bar sur un autre français plus jeune, Nicolas Colombel qui n’arriva
à Rome qu’en 1670.
La réduction d’impôt (jusqu’à un
certain montant) accordée aux souscripteurs est, pour les particuliers, égale à
66% de la somme versée et, pour les entreprises à 60%. Toutes les informations
sur la souscription (on peut regretter qu’il ne soit pas possible de payer en
ligne) sont disponibles sur ce document. Les bulletins de promesse de don sont
à retirer au Musée Barrois ou à la mairie de Bar-le-Duc.
Didier Rykner, La Tribune de l’Art, 17.07.2013

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