Dysmas, le bon Larron
Gestas, le mauvais Larron
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Les deux larrons du Calvaire, cordés chacun sur une croix en forme de tau
Ligier Richier, bois, circa 1534
Église Saint-Gengoult - Briey
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"Ce grand groupe du Calvaire doit avoir été réalisé au début de la production de Ligier Richier. En témoignent les proportions courtes, l'aspect dense et figé des figures. Si le Christ et les larrons sont d'une belle venue, l'examen directe des œuvres révèle le rythme monotone des draperies et des chevelures de saint Jean et de la Madeleine. De nombreuses similitudes, à la fois dans la composition, l'anatomie et le drapé, permettent de rapprocher les statues des larrons à celles du Calvaire de Bar-le-Duc [église Saint-Étienne], et celles de la Vierge et saint Jean de celles du Calvaire de Génicourt."
Michel Lefftz, "Essai de caractérisation du style de Ligier Richier", dans Noëlle Cazin, Marie-Agnès Sonrier (sous la dir.), Ligier Richier, un sculpteur lorrain de la Renaissance, Nancy, Éditions Place Stanislas, 2008, p. 114.
"Si Richier semble avoir connu peu d'œuvres allemandes de son époque et que les influences dominantes vinrent d'ailleurs [principalement de l'école de sculpture champenoise], il y a pourtant quelques éléments qui peuvent faire penser à la connaissance de certaines gravures germaniques contemporaines, sans qu'il y ait besoin de supposer un voyage en terre allemande. Tout d'abord, les positions excentriques des larrons, tels qu'ont les découvre dans l'église Saint-Gengoult de Briey, comme ceux de l'église Saint-Étienne de Bar-le-Duc, sont assez courantes dans l'art allemand de la fin du Moyen Âge et des débuts de la Renaissance, en peinture comme en gravure et en sculpture, même si, ainsi que le note Michèle Beaulieu, ils «paraissent apaisés sans les frénétiques contorsions de l'art allemand». Pourtant, le terme «apaisé» me paraît quelque peu excessif, car on sent ici une volonté manifeste de différencier la raideur majestueuse du Christ des mouvements désordonnés des larrons, certainement pour souligner leur nature purement humaine par rapport à l'essence divine du Christ."
Frank Muller, "Ligier Richier, sculpteur lorrain de la Renaissance", dans Noëlle Cazin, Marie-Agnès Sonrier (sous la dir.), Ligier Richier, un sculpteur lorrain de la Renaissance, Nancy, Éditions Place Stanislas, 2008, p. 51.




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