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jeudi 30 mars 2023
lundi 30 juin 2014
vos beaux yeux me font mourir d'amour ...
" Vos beaux yeux me font mourir d'amour.
D'amour mourir me font vos beaux yeux.
Vos beaux yeux d'amour me font mourir.
Me font vos beaux yeux mourir d'amour."
D'amour mourir me font vos beaux yeux.
Vos beaux yeux d'amour me font mourir.
Me font vos beaux yeux mourir d'amour."
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Graff au site Alstom
50, rue Oberlin - Nancy
50, rue Oberlin - Nancy
vendredi 16 mai 2014
mercredi 12 mars 2014
vendredi 19 août 2011
samedi 9 avril 2011
mercredi 3 septembre 2008
tags lorrains
Depuis longtemps je voulais écrire un billet sur les tags lorrains. Ce sont à 95 % des marques (tags en anglais) à base calligraphique qui sont bombées sur des murs extérieurs d'usines ou de dépôts...Ayant une uniformité formelle désolante et débile, ils sont composés de trois, quatre ou cinq lettres blanches avec un large cerne noir. Du métrolor, sur la ligne Thionville-Nancy, on peut voir défiler de tels tags monotones. C'est une véritable pollution visuelle. On a l'impression que tout le monde s'en fiche ! Il y a aussi les tags d'acrobates bombés sur les ponts et en des endroits difficilement accessibles... Dans les tags, je distingue les calligraphiques et les figuratifs polychromes.
Mais je voulais aussi les comparer aux tags artistiques que j'ai relevés dans le nord de l'île de Tenerife. Il est vrai que là-bas, des ateliers (talleres) de tags dirigés par des professeurs d'arts plastiques, apprennent aux futurs tagueurs à composer quelque chose d'un peu artistique.
Et si j'écris ce billet aujourd'hui, c'est parce que je viens de lire de Jean Clair, dans son Journal atrabilaire, un petit texte sur le même sujet. Aussi, je lui passe le relais.
"Les tags. Quand ont-ils commencé à proliférer ? Quinze ans ? Vingt ans ? A l'époque de leur apparition, ces écritures convulsées qui flambaient sur les murs blancs m'avaient fait penser à un Mané Thecel Pharès (1), annonçant quelque Balthasar(2) grandiose dont on ne savait rien.
En tout cas, ce fut la fin d'une ère, fort ancienne, qu'on pourrait dire du respect. Depuis, ils se sont multipliés, avec la vitesse d'une épidémie : hier, la statue de Louis XIV sur son cheval, Place des Victoires, a été couverte de peinture. Ils se sont aussi épaissis et renforcés, multipliant les couches de blanc, de vert, de jaune, de rouge, d'argent surtout, et ils ont pris des formes huileuses, de cellules ou d'amibes cernées, de noir, qui prolifèrent, recouvrent désormais toutes les surfaces disponibles et dissimulent leur nature et leur fonction.
Les graffiti, je m'en aperçois aujourd'hui, sont les camouflages de notre époque. Ce sont les déguisements d'une guerre qui ne veut pas dire son nom et dont l'ennemi à abattre, en vérité, c'est nous. Le décor quotidien et avec lui tout ce que nous avons aimé est englué, étouffé, submergé sous ces crachats furieux. Tout doit disparaître. Liquidation générale. C'est la fête imbécile, à défaut du festin promis."
(1) Mane, thecel, pharès : compté, pesé, divisé. Menace prophétique dans l'Ancien Testament, Daniel, chap. V.
(2) Voir aussi le Livre de Daniel de l'Ancien Testament.
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- Jean Clair, Journal atrabilaire, collection Folio, p. 156-157.
mardi 19 février 2008
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