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jeudi 11 juin 2009

la prose d'Alfred de Musset

Dans ma lecture de La Confession d'un enfant du siècle d'Alfred de Musset, je suis arrivé au milieu du livre. Mais pourquoi lire du Musset en 2009 ? C'était comme au poker, pour voir...
Comment peut-on lire ce paragraphe sans rire :
"Ange éternel des nuits heureuses, qui racontera ton silence ? Ô baiser ! mystérieux breuvage que les lèvres se versent comme des coupes altérées ! ivresse des sens, ô volupté ! oui, comme Dieu, tu es immortelle ! Sublime élan de la création, communion universelle des êtres, volupté trois fois sainte, qu'ont dit de toi ceux qui t'ont vantée ? ils t'ont appelée passagère, ô créatrice ! et ils ont dit que ta courte apparition illuminait leur vie fugitive. Parole plus courte elle-même que le souffle d'un moribond ! vraie parole de brute sensuelle, qui s'étonne de vivre une heure et qui prend les clartés de la lampe éternelle pour une étincelle qui sort d'un caillou ! Amour, ô principe du monde ! flamme précieuse que la nature entière, comme une vestale inquiète, surveille incessamment dans le temple de Dieu ! foyer de tout, par qui tout existe ! les esprits de destruction mourraient eux-mêmes en soufflant sur toi ! Je ne m'étonne pas qu'on blasphème ton nom ; car ils ne savent pas qui tu es, ceux qui croient t'avoir vu en face parce qu'ils ont ouvert les yeux ; et, quand tu trouves tes vrais apôtres, unis sur terre dans un baiser, tu ordonne à leurs paupières de se fermer comme des voiles, afin qu'on ne voie pas le bonheur."

Que reste-t-il de l'œuvre de Musset ? Seulement Lorenzaccio me semble-t-il. Que Musset reste au Purgatoire des lettres. Il y est bien. Baudelaire avait raison en le traitant de langoureux, aimé des âmes tendres et molles. Qu'il était prolixité et verbiage.

dimanche 7 juin 2009

Balzac, Baudelaire, Musset et Léopold Robert

Musset à propos du Départ pour la pêche de Léopold Robert (1)


Maria Gracia et Teresina (2)


Jeune fille de Sorrente (3)
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C'est le 6 mai 1984 que j'ai visité le Musée des Beaux-Arts de Neuchâtel. Après avoir été enthousiasmé par les tableaux de Léopold Robert, j'achetai au musée le catalogue Léopold Robert et les peintres de l'Italie romantique. Quelque temps après, je faisais la lecture du livre de Pascale Charpentier, La Ferveur du moment (éditions du Seuil, 1986), consacré à Léopold Robert. Voici ce que cet auteur écrit à propos du tableau Jeune fille de l'île de Procida donnant à boire à un pêcheur (Musée de Neuchâtel) : "Je rêve encore à la jeune porteuse d'eau de Procida, le genou à terre, la cruche sur la tête, prenant appui sur la citerne où elle a puisé de l'eau. Assoiffé par la mer entière, le pêcheur y boit. Je sais maintenant qu'en pleine mer fleurissent des îles chaleureuses, douces et enchantées de fruits, de parfums pour l'agrément de la vie, que charme et facilité existent dans un pays, à l'intérieur de quelques-uns de tes tableaux, non loin, à tes côtés."
Léopold Robert est cité par Alexandre Dumas dans Le Comte de Monte-Cristo, chap. XLI, et par Balzac dans Pierrette : "...cette grâce virginale que cherchent les peintres sur leurs palettes, et que Léopold Robert a su trouver pour la figure raphaélique de la femme qui tient un enfant dans le tableau des Moissonneurs ." (Le titre exact du tableau : Halte des moissonneurs dans les marais Pontins).
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1. Grand enthousiasme d'Alfred de Musset à propos du Départ pour la pêche de Léopold Robert, dans son "Salon de 1836" (Mélanges de littérature et de critique, Paris, 1867, p. 65).
2. Léopold Robert, Le Retour du pèlerinage à la Madone de l'Arc, détail. "Maria Gracia et Teresina, couronnées de fleurs et de feuilles, ont de vifs élans et nos coeurs bondissent."
3. Léopold Robert, Jeune fille de Sorrente (ou Jeune fille au tambourin), Musée des Beaux-Arts de Neuchâtel. Tableau signé : Lld Robert Roma 1824.
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Sur les sujets peints par Léopold Robert, Baudelaire est un peu restrictif : "...Léopold Robert qui prétendait trouver dans la nature et seulement dans la nature, de ces sujets tout faits, qui, pour des artistes plus imaginatifs, n'ont qu'une valeur de notes. Encore ces sujets, même les plus nationalement comiques et pittoresques, sont-ils toujours...par Léopold Robert, passés au crible, au tamis implacable du goût."


Léopold Robert, Jeune fille de Procida


Léopold Robert, Brigand et sa femme en prière
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Voir aussi :
- Alphonse de Lamartine, Cours familier de littérature, tome VI, 1858, p. 424-476,  et le tome VII, 1859, p. 5-89.
- Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, tome II, Bibliothèque de la Pléiade, 1948, p. 241 : "Léopold Robert, revenu de Naples, a passé ces jours derniers à Rome, emportant avec lui les scènes enchantées de ce beau climat, qu'il n'a fait que coller sur sa toile."