jeudi 29 novembre 2018

Luc Ferry et son enfance villageoise

"Le village dans lequel j'ai passé mon enfance, dans le Vexin, pas très loin de Paris, a changé sans doute davantage  en cinquante ans qu'en cinq cents ans... Quand je leur raconte (à mes filles) que les paysans faisaient les foins à la faucille et coupaient le blé mur avec une faux..."
Je m'interroge sur la vraisemblance des souvenirs de Luc Ferry. De toute façon, on ne peut pas généraliser à partir des siens.
Luc Ferry est né en 1951. Supposons qu'il se souvienne de son enfance villageoise à partir de 1955. En 1951, dans les villages, les agriculteurs, déjà depuis très longtemps, coupaient la luzerne, le sainfoin, le trèfle avec une faucheuse attelée à deux chevaux, moissonnaient avec une moissonneuse-lieuse attelée à trois ou quatre chevaux. Vers 1952 apparaissent les premiers tracteurs, Renault jaunes, Farmall rouges, Ferguson gris-bleu. En 1953, sur les six agriculteurs du village de mon enfance (je suis né en 1940), trois d'entre eux avaient un tracteur. Il n'y avait que quelques personnes isolées qui allaient couper un peu d'herbe pour leurs lapins avec une faucille. Mais parfois, il fallait couper l'herbe d'un  petit pré en bordure du Rupt-de-Mad avec une faux.  Mais, après 1947, jamais dans mon village on  a coupé les blés mûrs avec une faux.

Couper les blés mûrs avec une grande faucille, j'ai vu cela en Espagne sur un  plateau de la Castilla Nueva en 1957. 

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