mercredi 6 décembre 2017

le chiffonnier dans "Les Châtiments" de Victor Hugo

-

Si par hasard, la nuit, dans les carrefours mornes,
Fouillant du croc l'ordure où dort plus d'un secret,
Un chiffonnier trouvait cette âme au coin  des bornes,
Il la dédaignerait !
Les Châtiments, livre IV, VIII, Déjà nommé, vers 49-52. 

L'arsenic indigné dénonçant la morphine,
La hotte injuriant la borne, Messaline
Reprochant à Goton son regard effronté,
Et Dupin accusant Sauzet de lâcheté !
.   .   .   .   .  .  .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .
L'immondice au sommet de l'état se déploie.
Les chiffonniers, la nuit, courbés, flairant leur proie,
Allongent leurs crochets du côté du sénat.
Les Châtiments, livre VI, V, Éblouissements, vers 9-12 et vers 69-71.

Si par hasard, portant son panier qu'il cahote,
Un chiffonnier avait trouvé cette âme au coin d'un mur, 
Il la rejetterait bien vite au tas impur,
De peur que ce haillon ne salisse sa hotte.
Les Châtiments, Reliquat, IV, Ébauches et fragments.

Or les sages pensifs font remarquer aux princes
Qu'il est toujours aisé d'empoigner des provinces,
Mais qu'un roi ne peut prendre, en eût-il grand besoin, 
Un muscle de son râble au crocheteur du coin.
Un césar souvent porte, à son dos qui cahote, 
Son empire moins bien qu'un chiffonnier sa hotte,
Mais il ferait tuer ses preux jusqu'au dernier
Avant de conquérir les reins du chiffonnier.
Les Quatre Vents de l'Esprit, Le Livre satirique, XLI, vers 51-58.

Aucun commentaire: