samedi 10 septembre 2022

le troupeau du pâtre chez Erckmann-Chatrian

"Et le premier son de la corne du pâtre, réunissant le troupeau près de la fontaine ; et enfin le grand troupeau qui se met en route à la file, deux à deux, quatre à quatre, ls chèvres en tête, la barbiche levée, leurs gros yeux or pâle pleins de lumière étrange, trottant à petits pas et chevrotant d'un ton doctoral ; et les pauvres moutons qui pleurnichent et se plaignent toujours ; les belles vaches et les grands bœufs, qui mugissent du fond de leur poitrail, le cou tendu, la bouche béante ; et les porcs, le dos rond, la queue en trompette, qui fouillent du groin toutes les ordures ; et tout ce troupeau confus, qui s'allonge ou se resserre, qui galope ou se ralentit, selon que le chien est devant ou derrière ; ce tourbillon qui s'éloigne sur la route poudreuse, aux heures pourpres du crépuscule."
Erckmann-Chatrian, Les Amoureux de Catherine. Contes et romans nationaux et populaires, tome 5, Paris, Pauvert-Serpenoise-Tallandier, 1987, p. 343.

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