"Phalsbourg est une petite place forte, à cheval sur la route impériale de Strasbourg à Paris ; elle commande la côte de Saverne, les défilés du Haut-Barr, de la Roche-Plate, de la Bonne-Fontaine et du Graufthal. Ses bastions, ses avancées, ses demi-lunes se découpent en zigzags sur un plateau rocheux : de loin on croirait pouvoir en franchir les murs d'une enjambée ; mais, en arrivant, on découvre le fossé large de cent pieds, profond de trente, et les sombres remparts taillés dans le roc en face. Cela vous arrête tout court. Du reste, sauf l'église, la maison commune, les deux portes de France et d'Allemagne en forme de mitre, les aiguilles des deux poudrières, tout le reste se cache derrière les glacis. Telle est la petite ville de Phalsbourg, qui ne manque pas d'un certain caractère de grandeur, surtout lorsqu'on traverse ses ponts et qu'on pénètre sous ses portes trapues, garnies de herses à dents de fer. À l'intérieur, les maisons se distribuent par quartiers réguliers : elles sont basses, bien alignées ; construites en pierres de taille ; tout y porte le cachet militaire."
Erckmann-Chatrian, L'Invasion. Contes et romans nationaux et populaires, tome 8, Paris, Pauvert-Serpenoise-Tallandier, 1988, p. 21.
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