lundi 3 février 2020

ce que nous dit Roland Sanfaçon de la façade de la cathédrale de Toul


Toul. Cathédrale. Section de gauche de la façade ouest
(photo Roland Sanfaçon)

En Lorraine, à la façade de la cathédrale de Toul, terminée en 1496, le souci de créer de belles lignes bien visibles a amené à retrouver les étages horizontaux des façades classiques du XIIIe siècle et les ébrasements rectilignes des portails, à dessiner des remplages contournés mais peu nombreux dans la rose, à coiffer les niches des statues et les portails d'arcs en accolade très vastes et isolés par de profonds cavets. Par l'adjonction de lignes verticales, toute la façade a été découpée en grands panneaux. Comme en Brabant, les statues s'y installent un peu à l'improviste sur des consoles ou de très discrètes colonnettes. À Toul, d'ailleurs, de grands contreforts plantés de biais aux extrémités de la façade dissimulent les tourelles d'escalier. À leurs bases mêmes, des panneaux très grands, ornés de deux niches  sous une accolade hautement et finement fleurie, sont au début d'un long cortège rigoureusement horizontal de statues, au départ d'un rythme  qui se précipite sur les côtés externes des portails latéraux et aux contreforts centraux avant l'ample détente du grand gable et des surfaces nues qui l'entourent. Plus haut, un deuxième cortège de statues se disperse avec calme au-dessus d'une imposte flexible. Une longue balustrade forme alors le couronnement de toute la partie inférieure de ce mur rideau déjà en partie soulevé au-dessus de la fenêtre de gauche. Les profondes tensions de l'arc d'encadrement de la rose et l'ascension en flèche du gable sont alors laissées à découvert et entraînent jusqu'au sommet des tours. 

Roland Sanfaçon, L'Architecture flamboyante en France, Québec, Les Presses de l'Universitée Laval, 1971, p. 145, fig. 174.


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