Le pont de 40 m à 4 arches sur le Rupt-de-Mad en aval du moulin
endroit où a eu lieu l'éboulement avant sa construction
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Rapport de l'ingénieur ordinaire du contrôle des Ponts-et-Chaussées :
"Un regrettable accident s'est produit le 11 octobre dernier (1878) dans la tranchée que la Compagnie de l'Est fait ouvrir à proximité du moulin de Jaulny, vers le piquet 49b de l'embranchement de Thiaucourt.
Cette tranchée est attaquée en cuvette du côté d'Onville, à partir du passage à niveau du chemin de grande communication n° 3 d'Arnaville à Commercy.
La cuvette présentait, au point où l'accident s'est produit, une largeur de 3 m au fond. Le talus vers le coteau présentait une hauteur de 8,50 m et un fruit de 1/10. Une banquette de 1 m était ménagée sur le talus opposé, à 3,50 m du plafond, pour le roulage des brouettes employées au chargement des wagonnets. Telle était la situation des lieux, lorsque le 11 octobre, vers 5 heures du soir, le haut du talus vers le coteau s'est subitement détaché sur une longueur de 15 mètres, et s'est éboulé dans la cuvette, en enterrant 3 malheureux ouvriers qui poussaient un wagonnet au fond de la tranchée.
Ces ouvriers, renversés par une masse de terre énorme tombant d'une hauteur de 8,50 m, et ensevelis sous un éboulement de 3 m d'épaisseur, ont dû être tués sur le coup.
La tranchée du moulin de Jaulny est ouverte à la pointe d'un contrefort dans un terrain calcaire dépendant de l'étage oolithique supérieur. Ce terrain ferme et compact, très dur à la pioche, se maintenait presque à pic depuis plus de deux mois, et l'on avait remarqué dans la journée aucune fissure en haut du talus. Mais il avait plu fortement les 9 et 10 octobre, et il est à présumer que l'accident est dû à l'action des eaux d'infiltration sur des terres déjà ameublies, dans le voisinage du talus, par des alternatives de sécheresse et d'humidité.
Nous devons ajouter que des mesures ont été prises immédiatement pour adoucir l'inclinaison du talus, en commençant par le haut, afin de prévenir tout nouvel accident.
Les 3 ouvriers tués le 11 octobre sont les sieurs :
Adrian Pierre, âgé de 27 ans , Candito Camille, âgé de 26 ans et Valence Louis, âgé de 24 ans.
Tous trois étaient de nationalité italienne et célibataires. Ils appartenaient à l'entreprise de MM. Pradines frères.
Nancy, le 21 octobre 1878.
L'Ingénieur ordinaire..."
(Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, sous-série 5 S 249, Thiaucourt-Jaulny-Rembercourt-Waville)
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D'après la table des décès de Jaulny pour les années 1765-1898, nous avons relevé les noms de :
- ANGELE Camille (25 ans), terrassier voie ferrée, décédé le 12.10.1878.
- ARIAGNO Pietro, terrassier voie ferrée, décédé le 12.10.1878.
- VALENZA Luigi (21 ans), employé voie ferrée, terrassier, décédé le 11.10.1878.
Il s'agit de nos trois malheureux Italiens décédés lors de l'éboulement du 11 octobre 1878. L'ingénieur des Ponts-et-Chaussées a eu la mauvaise idée ou la bonne, c'est selon, de franciser les noms italiens. Mais Adriano = Adrien est plus sûr que Ariagno de la table des décès !
Un autre accident mortel a eu lieu le 29 juin 1879 lors de la construction de cette voie ferrée. Les frères Bertoni, Antonio, 29 ans, maçon, et Dominico, 21 ans, terrassier, sont décédés ce jour-là. Ces deux italiens étaient les fils de BERTONI Giovanni Baptisto (pour Battista).

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