Non, monsieur, nous ne tirons jamais les premiers
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Je le (le maréchal de Saxe) suivis et m'avançai encore un peu devant six de mes camarades de l'état-major de l'armée, très à portée du maréchal. Les ennemis étaient déjà si près que leur avant-garde tira une vingtaine de coups de fusil, dont un abattit moi et mon cheval, qui fut tué, et qui me sauva de la décharge générale qui se fit tout de suite, et dont furent atteints mes camarades Champignel, Saint-Georges, Saint-Sauveur et Longuaunay, qui en mourut.
Cet engagement se fit à distance si rapprochée que les officiers anglais, au moment d'arrêter leur troupe, nous saluèrent le chapeau à la main ; les nôtres ayant répondu de même à cette courtoisie, un capitaine des gardes anglaises, qui était lord Charles Hay, sortit de son rang et s'avança. Le comte d'Auteroche, lieutenant des grenadiers, se porta alors au-devant de lui.
" Monsieur, dit le capitaine, faites donc tirer vos gens.
- Non, monsieur, répondit d'Auteroche, nous ne tirons jamais les premiers."
Et s'étant de nouveau salués, ils rentrèrent chacun à leur rang. Le feu des Anglais commença aussitôt, et d'une telle vivacité qu'il nous en coûta plus de mille hommes du coup, et qu'il s'en suivit un grand désordre.
Souvenirs du marquis de Valfons, vicomte de Sebourg, Mercure de France, Le Temps retrouvé, 2009, p. 156-157.
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