J'ai relu Pays natal d'André Dhôtel le 4 mars 1990
Voici quelques phrases ou groupes de mots que j'ai soulignés dans le livre :
- une merveille d'insouciance.
- on ne songeait à rien, comme lorsqu'on attend un événement improbable.
- Félix avait par contre une passion singulière pour les appareils des anciens murs, et il remarqua avec quel soin les pierres avaient été taillées selon d'agréables proportions.
- ... une sorte de contrée inconnue de tous où la lumière était reine.
- ... la beauté menaçante de cette cour.
- M. Prestaume, qui s'occupait à pincer les tomates, s'était redressé avec difficulté. Son visage rayonnait curieusement. Il paraissait dominer sa vieillesse fragile avec une délicate habileté et une idée presque joyeuse des limites de la vie où il se tenait en équilibre sur de maigres jambes.
- ...ils entendirent le carillon du beffroi de Sainte-Walburge. - Le carillon, moi, je n'oublierai jamais, disait Félix pour braver sa fatigue.
- Mais cela valait la peine justement parce que c'était sans signification.
- L'autre jour je suis entré dans une église et j'ai eu peur.
- Sur une péniche un coq chanta.
- C'était ce qu'on appelle le cœur brisé, et cela faisait rayonner incroyablement ces chaumes, ces herbages, et ces bosquets à cause d'un espoir qui n'était pas l'espoir de ceci ou de cela, seulement l'espoir sans rien qu'on puisse attendre.
- Un mépris splendide. (phrase nominale)
- ... il ne s'agit plus de s'amuser à des rêves, il faut rêver sérieusement.
- Depuis qu'ils étaient tombés dans cette misère, par leur sottise (une sottise passionnée mais quand même...), ils ne savaient que mâcher et remâcher des problèmes sans issue, sinon dans ces moments où il y avait une sorte de fissure par laquelle ils voyaient soudain un éclair de bonheur insensé (Phrase purement dhôtelienne caractérisant souvent les personnages de ses romans).
- Voilà à quoi sert la pêche à la ligne, à préparer les coeurs à l'avenir.
- Le ciel d'un bleu transparent environnait une péniche reflétée qui transportait sa lessive éclatante.
- Les regards peuvent être le plus beau don qui puisse se faire.
- Dieu, que j'aime entendre les trains!
- Il aurait fallu se mettre à genoux dans la neige, se coucher dans la neige, dormir jusqu'à la mort et se réveiller dans l'oubli le plus total, avec une certitude totale et la vision définitive d'un visage aimant et aimé.
- Les regards lumineux de la jeune fille étaient une certitude, un don extraordinaire, la vérité qui enveloppait toutes les vérités les plus incroyables. (un personnage de Dhôtel s'appelle Lumineux...)
- ... un jeu baroque de circonstances.
- C'était désolé, sans promesses.
- Rien de beau, mais la petite route mal goudronnée les enthousiasmait, parce qu'il semblait qu'elle menait dans des recoins tout à fait abandonnés et inconnus où plus rien ne compterait.
- ... il y a des façons de saluer qui transfigurent les gens que l'on salue.
- C'est drôle que l'être le plus familier puisse s'effacer tout d'un coup, pas oublié bien sûr, au contraire inoubliable, mais passé à côté, dans la catégorie des gens qui ne vous connaissent pas, et qui n'ont aucune raison de savoir que vous existez.
- Lorsqu'on attend quelqu'un en dehors de toute possibilité, c'est comme une ouverture sur l'infini. En fait seul l'infini peut répondre à l'attente. (deux phrases purement dhôteliennes)
- ... et il entendit chanter le loriot dans la cime du hêtre. (sur le loriot, voir Le Couvent des pinsons de Dhôtel)
- Alors il lança un appel.
Alors il y eut l'infini. Il ne connut cet infini que lorsqu'il rouvrit les yeux. La lumière de l'après-midi n'avait pas changé, mais les choses étaient cette fois sens dessus dessous.
- La lumière de ses yeux et de son visage n'avait pas vieilli d'un jour, depuis ce temps...
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